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Le Liban à la Biennale d’architecture de Venise

Le Liban à la Biennale d’architecture de Venise © Hala Younes

Les trésors oubliés de la ville

Pour la première fois, le Liban participe à la Biennale d’architecture de Venise, qui se tiendra du 26 mai au 25 novembre. Avec sa thématique axée sur «L’espace qui reste», la commissaire de l’exposition et initiatrice du projet, Hala Younes, propose de voir la ville autrement.

Le Liban marque sa première entrée dans la 16ème édition de la Biennale d’architecture de Venise. On n’a peut-être pas attendu très longtemps pour le faire, contrairement à l’exposition d’art contemporain de la Biennale de Venise? «32 ans, réplique aussitôt Hala Younes. On a 2 écoles d’art au Liban. On a 15 facultés d’architecture et 700 architectes diplômés par an.» Dans son sourire en biais, tout est dit, à travers ces quelques mots laconiques, et de la situation et de sa personnalité.

Partant du principe de l’initiative individuelle qui est reine au Liban, de l’absence de démarches et de fonds publics, Hala Younes, enseignante en Architecture et Paysage à la Lebanese American University, LAU, propose au ministère de la Culture un projet de participation à la Biennale. Le projet est accepté. Événements pour collecter des fonds, les collègues se mettent à la tâche, universitaires et chercheurs se rassemblent autour de Hala. Le projet a été créé avec le support du Département d’Urbanisme à l’Université libanaise (UL), l’École d’Architecture et de Design à la LAU, le Centre Arabe pour l’Architecture (ACA), la Lebanese Landscape Association (LELA), le département de Géographie à l’USJ et la Direction des Affaires Géographiques de l’armée. Tous sont enthousiasmés par cette chance, d’abord en raison de cette exposition prestigieuse qu’est la Biennale de Venise et ensuite par la thématique même du projet.

L’espace qui reste
«Le thème est un peu tangent, affirme Hala Younes, car il ne s’agit pas d’architecture en soi, mais plutôt de paysage, de géographie. Et c’est là où les questionnements ont surgi: pourquoi ne pas exposer un projet? Or, justement, poursuit-elle, le problème de notre pays n’est plus là, il ne s’agit plus de montrer qu’on sait dessiner un joli projet ou qu’on a de bons architectes. La question est ailleurs: où est-ce qu’on réalise les projets? Sait-on les relier entre eux? Qu’est-ce qu’on fait de notre territoire? Que produisent toutes ces constructions au niveau du pays?»

De manière aussi pragmatique que possible, il s’agit essentiellement de dire que «tout ce qui n’est pas construit a aussi besoin d’être dessiné»; l’espace entre les bâtiments, que ce soit un trottoir, un terrain en friche, une terrasse abandonnée. «C’est là que les gens vivent, c’est un espace public qui est à tout le monde, qui est important, mais auquel personne ne fait attention. C’est justement cet espace-là qui donne sens aux choses.»

Partant d’un constat sur le terrain, où la spéculation immobilière ravage notre territoire, le projet se focalise notamment sur le rôle d’une architecture fondée sur la culture du paysage. Au Liban, on regarde le paysagiste comme quelqu’un qui va mettre des plantes exotiques dans un jardin privé. «Mais les paysagistes, ce sont des gens qui font la ville, explique Hala Younes, qui dessinent les routes, les places, les parcs, tout ce qui fait qu’une ville est agréable.» Cette culture du paysage n’existe pas en ville, ou n’existe plus. D’où l’intérêt du projet, pour donner à voir ces paysages-là, afin de pousser les gens à en percevoir la beauté éventuelle et la valeur qu’ils peuvent offrir à la ville.

À travers ce projet, il s’agit donc à la fois, de dire aux architectes que leur travail se poursuit au-delà du bâtiment, et au grand public, que ces espaces-là ont besoin d’architectes. Le projet se décline en une grande maquette en 3D, représentant un bout du Mont-Liban, le bassin versant de la rivière de Beyrouth, de Kneissé à Bourj Hammoud. Dessus seront projetées des cartes, réalisées avec l’aide de l’Armée libanaise, pour montrer l’évolution de ce territoire au cours du XXème siècle.

Le Pavillon libanais présentera également le travail de six photographes vivant et travaillant principalement au Liban: Grégory Buchakjian, Catherine Cattaruzza, Gilbert Hage, Houda Kassatly, Iéva Saudargaité et Talal Khoury (vidéo). Cartes et photographies constituent l’outil idéal afin d’atteindre le grand public, de communiquer avec lui par l’image, par la réalité, en rendant justement visibles ces espaces précieux oubliés. Faire attention au vide plutôt qu’au plein, et votre approche de la ville change.


N.R.

 

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Editorial

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Elle a du tempérament, Georgette Gebara, et de l’audace! Celle qui a donné ses lettres de noblesse au ballet libanais a su conserver une incroyable énergie et une surprenante jovialité communicative. Elle vient d’être honorée par le Maqamat Dance Theatre, dans le cadre de la 14ème édition de Bipod-Beirut International Platform of Dance, lors d’une cérémonie qui s’est déroulée au Musée Sursock. Avec des histoires et des émotions plein la mémoire et le cœur, elle raconte son parcours.