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23 Sept - 23 Oct

Mme à Beyrouth

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Madame fait une biopsie

Madame fait une biopsie D.R.

Elle n’est pas sûre d’avoir bien entendu. Elle était juste venue pour un checkup de routine. Une mammographie tant recommandée dans les médias à coup de rubans roses… Effet de mode, acharnement thérapeutique, nécessité prouvée scientifiquement… Madame n’était sûre de rien, mais elle suit les recommandations et le mouvement.

Alors qu’elle s’apprêtait à repartir aussi légère qu’elle est arrivée, le couperet tombe. Le médecin prend une voix douce pour lui annoncer avec des mots bien choisis, qu’il faudrait s’assurer que tout va bien. Pour cela des investigations plus approfondies sont nécessaires. Elles prendraient la forme d’une biopsie à la petite ou la grosse aiguille. Il est question de micro calcifications, de nodules, a priori présents de façon très commune dans le corps, dans les seins des femmes… Mais il s’agit de s’assurer, dans ce cas précis, que rien de malin ne s’y est glissé…

Elle ne comprend rien à ce jargon. N’en a pas forcément envie. Mais se retrouve acculée à apprendre des mots nouveaux.

Madame a beau essayer de persuader le médecin que ce qui se passe dans son corps est tout ce qu’il y a de plus banal. Elle a beau tenter de lui expliquer, en lui disant qu’elle a failli ne pas venir la faire, cette mammo. Qu’elle devait plutôt aller à la plage ce jour-là. Que ce vocabulaire savant dont il fait usage n’a pas lieu d’être. C’est peine perdue. Elle se pliera donc au protocole.

Elle a toujours su que cela n’arrivait pas qu’aux autres. Mais elle se disait que ce n’était pas son tour, quand même. Sa petite voix lui souffle que le danger est loin… Elle en est certaine. Pourtant, de salle d’attente en prescription, de halls d’hôpitaux en sourires affectueux du personnel médical… même si elle se sent en parfaite santé, l’idée s’insinue dans son esprit. L’inquiétude aussi. Elle les tranquillise avec moins de ferveur. Elle-même finit par avoir des doutes sur la parfaite santé de ce sein suspecté de porter un mal quelconque.

L’envie d’en finir au plus vite! Faire cette biopsie. Attendre une dizaine de jours pour appeler le laboratoire. S’assurer que les résultats sont sortis. Aller, en personne, les chercher. Ne pas décacheter l’enveloppe. La tendre à l’infirmière. Essayer de lire l’expression de son visage. Puis finir par jeter un coup d’œil au papier fatidique. Un seul mot, et le diagnostic serait différent. Sa vie basculerait alors d’un côté, ou de l’autre!!!

S’entendre dire que tout va bien. S’entendre leur rétorquer, la larme à l’œil, qu’elle le leur avait bien dit!! S’entendre dire qu’elle peut aller vaquer à sa vie comme avant.

Comme avant? Pas du tout! Car si Madame peste encore contre tout le mauvais sang qu’elle s’est fait, et toutes ces semaines d’inquiétude… Madame sait que cette biopsie était comme une alarme, sonnant sa… renaissance. Une seconde vie qui lui est accordée. En bonne santé. Un cadeau, qu’elle apprendra à apprécier à sa juste valeur. Inestimable. Et dont elle promet de faire le meilleur usage. À commencer par dire «Merci». Tous les instants. Au ciel. À Dieu et tous ses saints. Des roses blanches chez la Vierge. Une visite à l’église. Ou à la mosquée. Un clin d’œil à son ange gardien. Sa bonne fée… Chacun ses croyances!

Puis, surtout, sourire. À la vie. Et aux autres. Comme tant d’hommes et de femmes qui mènent cette guerre contre la maladie chaque jour, Madame sait qu’elle aurait trouvé en elle toute l’énergie pour en venir à bout, si le résultat de la biopsie le commandait. En chacun est une force insoupçonnée. Chacun mène un combat qu’elle ne connaît pas. Chacun attend un résultat, un verdict, à même de changer le cours de la vie. Si fragile.

L.Z.

 
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Editorial

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