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Léa Khayata

Léa Khayata D.R.

Réalise ses rêves à New York

Léa Khayata vient de lancer PushPin Films, une société de production de vidéos en plein cœur de la «Grosse Pomme». Elle compte déjà des clients prestigieux tels que la Gagosian Gallery ou encore la BBC et MSNBC.

Qui a dit que la curiosité était un vilain défaut? Léa Khayata, 30 ans, a bien fait de l’être avec insistance. Aujourd’hui, elle en a fait son métier. «On m’a toujours dit que je fouinais trop, se souvient-elle. J’ai toujours adoré lire, et c’est pour cela qu’à 16 ans j’ai décidé de devenir journaliste. C’était pour moi un tremplin pour pouvoir un jour devenir auteure de livres.»

Tout cela, c’était bien avant que Léa ne découvre la vidéo. Doublement diplômée de Sciences Po Paris et de Columbia University à New York, la jeune fille découvre dans cette dernière université le cours qui changera sa vie: «Digital medias».
«En sélectionnant ce cours, j’ignorais de quoi il s’agissait, confie-t-elle. J’ai découvert un peu par hasard ce qui allait devenir une vraie passion pour moi. La vidéo digitale donne accès à une expression artistique exceptionnelle: elle ouvre des champs créatifs insoupçonnés. Ses possibilités sont bien plus vastes que celles de l’écriture ou de la radio et elle est moins formatée que la vidéo télévisée.»

Son diplôme en poche en 2011, Léa crée sa première société Granny Cart Productions avec une camarade de Colombia et s’installe à New York. «J’ai été extrêmement surprise de voir à quel point il était facile de lancer sa boîte aux États-Unis. Je voulais continuer à faire ce que j’aimais: des vidéos, et posséder ma propre entreprise était le seul moyen de pouvoir le faire à ma façon.»

Même à New York, les clichés ont la vie dure. «Le fait que même aux États-Unis, les gens étaient étonnés de voir des femmes dans le monde de la vidéo, et qui plus est chefs d’entreprise, m’a frappée au départ! Il faut dire que la vidéo est un univers assez masculin: cela nécessite de porter du matériel lourd, c'est assez physique! C’est d’ailleurs de là que vient le nom de la société: Granny Cart, c’est parce que nous transportions notre matériel vidéo dans un caddie de grand-mère rouge.»

«On plaisantait souvent avec Elettra, mon ancienne partenaire, sur le fait que j’étais meilleure dans la négociation avec les clients et que cela était dû à mes origines arabes. J’ai fait mon apprentissage auprès de mon père qui travaillait dans l’import/export, il m’a toujours dit que négocier avec un client c’est comme un jeu et qu’il faut y prendre du plaisir.»

L’aventure Granny Cart dure cinq ans, et les deux jeunes femmes finissent par se séparer pour se lancer en solo. C’est ainsi qu’est née PushPin Films en mars dernier. «Je voulais conserver le même concept qui consiste à produire des vidéos commerciales et éditoriales mais m’orienter encore plus dans le domaine de l’art et de la création et peut-être la production de contenus plus longs, voire même un documentaire ou des séries», explique Léa Khayata.

Son rêve avec PushPin Films? «Continuer à raconter des histoires. Le défi est de trouver la liberté financière et créative pour les raconter à ma façon. Avec les clients de l’éditorial c’est difficile car les budgets sont restreints et il n’est pas facile d’y consacrer le temps souhaité. Avec les clients corporate, le budget est là, mais les contraintes sont plus nombreuses. Tout l’enjeu est de trouver le juste milieu, mais c’est possible: la preuve!»

Soraya Hamdan

 
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Editorial

La taille disproportionnée des ciseaux que manipule Dame Anastasie au Liban semble inversement proportionnelle à l’esprit de finesse dont elle est supposée être dotée.

À en juger de ses actions, on serait tenté de croire que les Libanais sont dans l’ensemble totalement dépourvus de clairvoyance et de maturité, atteints d’un syndrome de débilité profonde ou d’un déficit aigu d’intelligence. On serait aussi tenté d’en déduire que l’équilibre du pays est si chancelant qu’il suffit d’un mot, d’un tweet, d’une image, d’une scène pour que tout l’édifice s’effondre.

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