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Ford Warriors in Pink. Femmes couragecontre le cancer du sein

Le cancer, le cancer du sein; une épreuve dure, une lutte à mener avec courage, un combat à remporter contre la maladie, pour que triomphe la vie. Depuis 1993, la compagnie Ford s’investit dans la lutte contre le cancer du sein à travers la campagne Warriors in Pink.

 

 

 

Elles ont survécu au cancer du sein, elles sont des combattantes, en rose, Warriors in Pink; c’est l’intitulé de la campagne de sensibilisation au cancer du sein, lancée mondialement par Ford en 1993, au Moyen-Orient depuis 2011 et en Afrique du nord depuis 2015. Au-delà du travail sur le terrain, contribution financière et mammographies gratuites notamment, chaque année, des survivantes du cancer issues de différents pays sont sélectionnées dans le cadre du programme Modèles de courage pour porter haut et fort leur message d’espoir, tout au long de l’année.

 

Cette année, quatre Warriors, quatre modèles de courage, du Moyen-Orient et d’Afrique du nord; du Liban, du Maroc et des Émirats Arabes Unis ont été choisies. Pour la première fois, elles se sont retrouvées au Liban, à Ehden, pour deux journées d’activités sportives extrêmes, sous le thème du défi. Une fois le traitement terminé, la première chose qu’elles désirent faire c’est justement se surpasser, respirer la vie à pleins poumons, mues par l’émotion de l’aventure. Parapente, ATV, rappel, tir à l’arc… elles ont été les premières à relever le défi, sans aucune hésitation. La vie est là, devant elles, maintenant; le moment présent est ce qui compte désormais. Leur conception du temps est devenue différente.

 

Une épreuve qui renforce

«Quelques jours, quelques années. Je ne sais pas combien de temps il peut me rester à vivre»; Claire Pederson est là, en tant que survivante du cancer du sein, mais aussi en tant que représentante de la compagnie Ford à laquelle elle s’est jointe, il y a trois ans déjà. Elle réside à Dubaï depuis vingt ans. Le cancer étant une affaire héréditaire dans sa famille, sa mère et sa grand-mère l’avaient contracté; elle ne ratait sous aucun prétexte sa mammographie annuelle. Sauf que, l’année dernière, prise par un trop-plein de travail, elle y est allée quatre mois après la date prévue. Le verdict tombe: cancer du sein, phase 2. Face à son interlocuteur, elle n’a aucun mal à en parler, au contraire, c’est libératoire, même si l’émotion est toujours là, encore plus poignante, quand elle évoque son mari, ses deux enfants. «Le plus dur, dit-elle, incapable de retenir ses larmes, le plus dur était de leur en faire l’annonce, de les voir eux-mêmes souffrir de leur impuissance à m’aider. Rien, personne, ne vous prépare à cela émotionnellement.»

Émotionnellement, physiquement, psychologiquement, l’épreuve est d’une extrême difficulté, surtout la chimiothérapie: être tout le temps esquintée, les nausées, la perte des cheveux… Un avis que partage Marie-Josette Kairouh Franji. «On en vient à oublier la douleur face aux cheveux qui tombent. Si j’ai un conseil à donner à une malade du cancer du sein, c’est qu’elle se rase la tête avant de voir ses cheveux tomber. Quand ça m’est arrivé, j’ai passé quatre heures à pleurer dans la salle de bains. Je ne peux pas l’oublier…» Rien qu’à s’en rappeler, l’émotion affleure à nouveau, les larmes aussi, Josetta comme on en est venu à l’appeler durant ces quelques jours, se fait aussitôt rassurante: cela ne peut faire que du bien, extérioriser le souvenir de l’épreuve.

Une épreuve qui vous renforce, dit-elle. Elle n’a jamais caché sa maladie, ici, au Liban où rien que le mot cancer est encore prononcé à mi-voix comme un tabou, craint comme la lèpre. Mais Josette, une fois le printemps arrivé, est sortie dans la rue, tête chauve, sans perruque ni turban, la tête haute, fière. «Quand on se désolait de ma maladie, je disais aux gens: au contraire, dites-moi bravo, car je suis guérie, j’ai vaincu la maladie.» Et dès qu’elle sait que quelqu’une dans son entourage en est atteint, elle propose tout de suite son aide, ses conseils de «survivante». Dans tous les témoignages recueillis, les Warriors insistent sur la nécessité d’être entourée psychologiquement, il faut être à l’écoute de celles qui sont passées par-là, qui peuvent donner des conseils sur les étapes successives du traitement

Entre un témoignage et un autre, autour d’un café, autour d’une table, elles discutent entre elles, échangent leurs expériences, parlent de prothèses, de reconstruction mammaire, de mastectomie… elles parlent de la vie.

 

Sourire à la vie

Claire et Josette s’accordent toutes les deux à dire que, si elles avaient à le refaire, elles ne le referaient pas. La chimiothérapie, elles ne pourront plus la revivre. Mais pour Manal Essaddiki, l’approche est différente; elle estime que «la maladie n’est pas une malédiction, mais une bénédiction». Ses yeux, où brille une lueur indescriptible, le confirment, son sourire, ses mots. Le traitement, elle est prête à nouveau à le subir, si jamais… C’est d’ailleurs à partir du moment où elle a décidé de l’entreprendre, une fois tous les tests effectués, qu’elle s’est armée de joie de vivre, d’amour. Un amour qu’elle donne et qu’elle reçoit en contrepartie, sa de famille, ses amis. Rester toujours positive, adopter un régime sain, pas de fritures, pas de sucre… le seul moment pénible de son traitement est extérieur à la maladie: le décès de sa mère. C’est seulement en raison de cette profonde tristesse que, pour quelques jours, la maladie et les effets négatifs du traitement furent plus forts. Actrice marocaine, sur les planches, sur grand et petit écran, Manal s’est rapprochée de ses fans grâce à sa maladie, jusqu’à devenir même un symbole national. Quand quelqu’un l’aborde pour lui parler d’une amie ou d’une parente atteintes de cancer, souffrant de tristesse, d’abattement, de lassitude, elle insiste pour les appeler afin de les réconforter.

 

Josette et Manal sont sereines, heureuses, savourant la vie. «Je veux être là, dit Claire, quand je les vois aussi heureuses. Je ne suis pas encore parvenue à cette sérénité. Je crois que c’est une question de temps.» En attendant, Claire tente de percevoir les aspects positifs de la maladie, elle revoit ses priorités, elle ne prend plus la vie, les amis, la famille comme acquis. «J’ai un but maintenant, passer du temps qualitatif avec eux, faire seulement les choses qui me font plaisir. Je n’ai plus de difficulté à dire non. Je choisis ce que je veux faire, car je ne sais pas combien de temps il peut me rester.»

 

Encadré

Ford Warriors in Pink en chiffres

- 133 millions de dollars donnés par Ford depuis 1993 pour la lutte contre le cancer du sein.

- 24: Le nombre d’années d’activité dans la lutte contre le cancer du sein.

- 125: Le nombre de «Modèles de Courage» avec lesquelles Ford a travaillé depuis 2015 au Moyen-Orient et en Afrique du nord.

-2 500: Le nombre de mammographies et de consultations gratuites offertes aux femmes et aux hommes durant les deux dernières années aux Émirats Arabes Unis.

 

N.R.

 

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Editorial

PROMESSES ET RÉALITÉS

La gestion de la ville de Beyrouth a été confiée à la Liste des Beyrouthins suite aux élections municipales de 2016. Fort bien. Vive la démocratie!

Aujourd’hui, 16 mois plus tard, on est en droit de se demander quelles sont, parmi les promesses annoncées à grand fracas en présence de tous les députés de la capitale, celles qui ont été concrétisées.
Toute une panoplie d’engagements avait été servie au citoyen à l’époque avec des intitulés plus que ronflants. Question de se rafraîchir la mémoire, voici en bref la feuille de route qui avait été publiée à l’époque: