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Toxicomanie Comment s’en sortir

Toxicomanie  Comment  s’en sortir © DCPhoto / Alamy.

Haschisch, cannabis, héroïne, cocaïne, ecstasy, hallucinogènes et cachets ont établi partout leur règne hideux. Selon le Bureau de lutte contre la drogue, la consommation, la production et le trafic de substances illicites sont en pleine expansion. Le nombre de consommateurs est en nette croissance et l’âge de la première consommation en baisse. Le phénomène prend de l’ampleur. La drogue est aux portes des écoles, dans les universités et dans tous les milieux fréquentés par les jeunes!


LES CONSOMMATEURS, QUI SONT-ILS?
Ce sont les jeunes âgés entre 15 et 25 ans qui sont les plus vulnérables. Qu’est-ce qui les pousse à se jeter dans la gueule du loup? Pour le Dr Hana Azar-Hage Chahine, psychiatre et pédopsychiatre: «Le toxicomane éprouve une sensation de plénitude, de puissance lorsqu’il absorbe ces substances. Son mal-être existentiel, le sentiment de vide qui l’habite disparaissent pour céder la place à une sorte d’euphorie où tout semble beau et lumineux. D’après les statistiques, c’est à cet âge que l’on succombe à la première prise. L’adolescent qui est à la fin du processus de construction de sa personnalité est le plus exposé à ce risque. Anxieux, il sent que la société ne lui offre rien de rassurant, il trouve alors une échappatoire dans la consommation en groupe. Le jeune oublie ainsi les difficultés auxquelles il est confronté; la drogue ouvre sur le registre de l’imaginaire. Souvent ce phénomène est imputé à des problèmes familiaux qui incitent les jeunes les plus fragiles à fuir leurs propres tourments. On trouve dans la plupart des récits de vie des expériences traumatiques survenues plus ou moins tôt dans l’existence: abandon, abus, violence, discorde parentale, rejet, carences affectives répétées, quotidien chaotique.»
Selon le Dr Azar, tous ces facteurs sont responsables de l’insécurité émotionnelle et de la rupture de confiance entre le jeune et le monde adulte. «Mais l’anxiété, ou la non-acception d’un échec ne sont pas les seuls motifs qui poussent un ado à se réfugier dans les substances illicites. Être à la mode, satisfaire sa curiosité, la recherche de l’évasion, la réaction aux pressions du groupe, le suivisme sont autant de mobiles à pointer du doigt.

Sans oublier le désir chez certaines adolescentes de maigrir pour paraître plus “sexy” (la cocaïne à base d’amphétamine peut être un coupe-faim efficace). Ajoutons à cela la perte de valeurs due au manque d’autorité et au laxisme des parents qui ne peuvent qu’accroître la vulnérabilité du jeune et l’exposer à de plus grands risques de consommation. Savoir dire “non” à un adolescent peut se révéler essentiel pour le soutenir dans son envol vers l’autonomie», précise le Dr Azar.

Ainsi, les raisons du recours aux stupéfiants varient d’un individu à l’autre.

 

 Programme global de réhabilitation par Oum el-Nour 

Prévention et réhabilitation, tels sont les deux objectifs des programmes mis au point par Oum el-Nour qui s’active depuis des années pour lutter contre la dépendance aux psychotropes.

Le plan de prévention cible essentiellement les jeunes à travers la sensibilisation à la problématique de la toxicomanie, la création de clubs et de noyaux anti-drogue en appliquant le concept d’éducation par les pairs. Également ciblés, les parents afin de leur faire prendre conscience du problème et de renforcer leurs “compétences parentales”.
Au chapitre réhabilitation, Oum el-Nour a créé un centre d’orientation et d’accueil qui évalue la situation globale de chaque personne qui se présente en fonction de critères spécifiques (sévérité de la toxicomanie, trajectoire, problèmes d’ordre juridique ou social, ou de santé mentale à savoir dépression, anxiété, bipolarité…). L’association fait la distinction entre les toxicomanes accros et les consommateurs occasionnels de substances. La réhabilitation des “addicts” se fait en milieu résidentiel, alors qu’un programme en ambulatoire est proposé au deuxième groupe (abuseurs).
Comment faire pour sortir un toxicomane du fond du trou? En se fixant des objectifs: parvenir à l’abstinence totale, améliorer les compétences fonctionnelles et la réintégration sociale de l’individu. La thérapie proposée à Oum el-Nour, qui s’étale sur une durée de 15 mois, vise l’aspect biopsychosocial du patient, en focalisant sur le comportement, les émotions, la dimension spirituelle, sociale et professionnelle, et en privilégiant l’approche cognitive comportementale.

La condition physique étant essentielle, le programme inclut un suivi médical, la pratique d’activités physiques et des ateliers de travail. Sur le plan psychoaffectif, un accompagnement personnalisé est prévu ainsi que des thérapies de groupe pour développer l’expression, l’introspection, la déculpabilisation, l’estime de soi… ainsi que des activités artistiques.
Sans oublier le niveau comportemental axé sur une prise de conscience de l’importance des actes posés, l’acquisition du sens de la discipline, de la rigueur, la connaissance des droits et devoirs de chacun, le renforcement de la volonté, l’identification des obstacles et les moyens de les surmonter, la gestion des émotions.

Le fait de rendre les parents partenaires du processus de réhabilitation est un élément essentiel. Guidés, orientés et soutenus tout au long du processus par l’association à travers un programme de guidance, ils seront mieux armés pour aider leur jeune à s’en sortir.


 

 

 
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Editorial

Pas d’eau, pas de lumière, pas d’oxygène

Avec ses 2000 sources et ses 40 cours d’eau dont 16 fleuves, le Liban est (plutôt était) connu pour être un pays béni des dieux en matière de ressources hydrauliques. À un point tel qu’on l’avait surnommé “le château d’eau du Moyen-Orient”. Mais hélas! Autre temps, autres mœurs!